L'idée de ce blog, c'est que moi (Clairou) j'écris ce que je vois, vis et pense (des choses plus ou moins pertinentes), et puis vous (Mr ou Ms X, Y , Z et aussi W), vous les lisez et/ou vous regardez les images (oui je pense aussi à toi qui ne sais pas lire) ...et; (attention ça se complique) si vous avez envie, vous répondez (des choses sympas et profondes de préférence) et si, moi j'en ai envie (j'avais dit qu'il fallait suivre) et si je peux (rien n'est sûr) et bien: je lis vos compliments (e
Naplouse, ville de Cisjordanie, ville palestinienne, ville conservatrice...
On y rentre par un checkpoint particulièrement pénible pour découvrir une ville d'un tout autre genre que Ramallah. Une tension d'abord, beaucoup plus palpable et même très audible à l'instar de ces coups de feu qui résonnent un peu partourt à peine sorties du taxi. Mais ce ne sont pas les israéliens, ils sont plutôt nocturnes. Le jour est donc laissé aux règlements de compte inter-palestiniens. Ces affrontements et tensions donnent à la ville une apparence d'adolescente rebelle, population très jeune, bâtiments criblés de balle...une poussée d'acnée morbide à chaque coin de rue, et puis l'impression d'une ville vivant sur le souvenirs d'un passé glorieux fantasmé: celui de la grande Naplouse, pourquoi ?
Au delà des incursions incessantes et du climat guerrier de cette ville symbole de la résistance palestinienne, il y a aussi une histoire qui commence bien avant les chars israéliens et les checkpoints. Ce sont d'abord des murs et des rues qui en imposent tout de suite. Des pierres qui racontent une longue hsitoire, un passé que les posters de martyrs qui les recouvrent ne cachent pas complètement. Ils ajoutent une couche d'histoire et de souffrance à cette vieille ville bien malmenée mais toujours debout, semblant dire "j'en ai vu d'autres, les ptits gars", Naplouse vaincra.
Et puis, il y a les gens de Naplouse, ce toréfacteur qui a érigé un musée d'objets anciens au fin fond de sa boutique d'épices et de café, le responble de ce hamam psychédélique complètement inattendu au croisement d'une rue quelconque, cette femmes qui font du savon à l'huile d"olive, réputé pour ses vertus adousissantes, ce petit bonhomme qui te fait gouter du Knafe délicieux ... Alan wa-salan !
Les gens tentent de vivre normalement à Naplouse, de s'accrocher à des règles religieuses qui seules, ne pourront pas être transgressées ou anéanties, même par les israéliens. Une ballade dans le marché de la vieille ville, une visite à l'université de Nadja, il y a autre chose que des résistants cagoulés en armes ici. Je rencontre des jeunes palestiniens qui étudient l'art, qui dessinent, peignent des tableaux par centaines. Que peut on faire avec un diplôme artistique quand on vit à Naplouse ? Quel avenir peut on espérer ? Je discute avec ces jeunes étudiantes en français, bébé sous le bras, de leurs avenirs qui mettent en question le mien.
Situations irréalistes comme ce taxi qui me prend pour une suédoise et me demande, visiblement en suédois, si on pourrait se donner rendez-vous car il veut pratiquer la langue et poursuivre ses cours. Un taxi de Naplouse qui parle le suédois, en voilà une bien bonne.
La dernière fois, j'avais passé juste une nuit à Naplouse chez mes camarades FFIPP, hier j'y ai passé la journée avec Hiba. J'y suis entrée et sortie par la porte checkpoint qui te fait bien comprendre ou tu mets les pieds, la porte est sanglante mais, une fois à l'intérieur, j'ai choisi de regarder par la fenêtre pour voir une autre facette, une autre partie de la vérité de Naplouse. Au final, si peu de terroristes et trop de gens qui souffrent.