L'idée de ce blog, c'est que moi (Clairou) j'écris ce que je vois, vis et pense (des choses plus ou moins pertinentes), et puis vous (Mr ou Ms X, Y , Z et aussi W), vous les lisez et/ou vous regardez les images (oui je pense aussi à toi qui ne sais pas lire) ...et; (attention ça se complique) si vous avez envie, vous répondez (des choses sympas et profondes de préférence) et si, moi j'en ai envie (j'avais dit qu'il fallait suivre) et si je peux (rien n'est sûr) et bien: je lis vos compliments (e
Des petits bouts de papiers agrafés ensembles, ça donne un passeport. Pas n’importe lequel, un passeport de l’Union Européenne. Ça donne des privilèges- et je dis bien, des privilèges. Le privilège, par exemple, de voyager, de passer les frontières sans difficultés, de venir me frotter aux représentations et modes de vie qui ne sont pas les miens. Avec ce simple petit bout de papier, j’incarne l’injustice en action, le mensonge de l’aide et la médiocrité du courage petit bourgeois…Peu importe le temps que je resterai ici, je ne fais jamais que passer. C’est un choix…paradoxal, à travers lequel je me permets de juger la folie de certains hommes en utilisant la folie des mécanismes de ce monde. J’en suis après tout. Nous en sommes.
Je mentirai si je disais que je n’aimais pas la festivité des nuits ramallahliennes, entre gens du même cru, enivrée de rires et parfois de quelques bières. Mais je mentirai tout autant si je disais que je n’aimais pas me retrouver dans un petit village palestinien, café à la main, questions à la pelle et champs d’oliviers en décor, cœur serré par tant d’histoires drôles ou moins drôles qui empêchent parfois de trouver le sommeil. Tout cela forme un équilibre fragile.
Alors du haut de mes 23 ans, il m’est facile de critiquer la politique d’Israël, de dénoncer l’injustice et de crier haut et fort la médiocrité des grands de ce monde. Mais dès qu’il s’agit d’histoires personnelles, de chemins individuels, de douleurs historiques incarnées dans un homme ou une femme, je suis bien moins à l’aise avec mon attirail de donneuse de leçons. Il faut la saisir, la complexité de ce monde mes amis, il faut s’affranchir autant que possible de ces voies facilitatrices qui t’aident à donner le change et à y voir, en apparence, un peu plus clair. Mais au final, c’est peut être encore le nez dans la merde qu’on avance le plus. Le tout est de savoir jusqu’ou prendre du recul. Ou s’arrête l’acceptable, ou commence l’injustifiable. La limite est floue, mais pourtant, il est possible de la distinguer, de temps en temps. La douleur des uns ne justifiera jamais celle des autres. Ça ressemble un peu à une petite certitude cette petite phrase...