L'idée de ce blog, c'est que moi (Clairou) j'écris ce que je vois, vis et pense (des choses plus ou moins pertinentes), et puis vous (Mr ou Ms X, Y , Z et aussi W), vous les lisez et/ou vous regardez les images (oui je pense aussi à toi qui ne sais pas lire) ...et; (attention ça se complique) si vous avez envie, vous répondez (des choses sympas et profondes de préférence) et si, moi j'en ai envie (j'avais dit qu'il fallait suivre) et si je peux (rien n'est sûr) et bien: je lis vos compliments (e
Quand les palestiniens cesseront ils de vivre dans le fantasme et les israéliens dans le déni pour revenir à la réalité ?
Une phrase sortie de ce film, réalisé par Mohamed Alatar sur la situation à Jérusalem, la trois fois sainte …ou triplement folle.
Premièrement pour la politique d’annexion pure et simple de Jérusalem Est par Israël avec ce fameux mur de pseudo-sécurité et la volonté de faire de la trois sainte une ville entièrement juive, idéal complètement insensé dans un lieu où toutes les rues transpirent le sacré de chacune des religions du livre…
Deuxièmement pour la discrimination faite aux israéliens arabes qui sont cloîtrés comme des sauvages dans certains quartiers, qui construisent des maisons jugées « illégales » qui finiront sous un bulldozer israélien et qui ne peuvent plus résider à Jérusalem pour avoir étudié quelques années à l’étranger ou adopté une autre nationalité…
Troisièmement pour l’interdiction faites au palestiniens vivant à Gaza et en Cisjordanie de se rendre physiquement à Jérusalem ne serait ce que pour prier ou voir de la famille, interdiction qui nourrit tous les fantasmes et représentations idéalisées sur la ville sainte.
Et encore, je ne mentionne pas tout.
Moi, Jérusalem je l’aime et je la déteste à la fois. Je l’aime parce que la vieille ville à quelque chose de fascinant. Je la déteste parce que la réalité à quelque chose d’effrayant. Jérusalem, c’est l’émotion d’abord, la réflexion ensuite. On ressent puis on comprend… ou du moins, on tente de comprendre. Car, si il est possible de comprendre des enjeux politiques, des lois et des théories, il est très difficile de rationaliser la paranoïa, la peur, et la folie. Tout discours sur Jérusalem contient une charge émotionnelle démesurée.
Revenons donc à la réalité comme le propose Mohamed Alatar. Une réalité bien triste, l’émotion toujours, mais une réalité trop injuste pour qu’elle ne soit pas dénoncée. L’East side story, c’est un peu celle que les touristes ne voient pas en se baladant dans la vieille ville, celle que l’office de tourisme de la porte de Jaffa occulte avec un service de la documentation qui ne mentionne aucune des gares routières arabes de Jérusalem Est, celle que personne n’a envie de voir parce que Jérusalem, c’est Jérusalem. Pourtant, à quelques kilomètres de là, parfois à quelques mètres, il y a une maison palestinienne qui est en train de se faire détruire, un demeure dans la vielle ville qui est en train d’être acheter par une association de colons qui créent de toute pièce des histoire de démolition avec l’aide de collaborateurs arabes palestiniens, il y a des colonies qui s’étendent, des bouts de murs qui se construisent.
Il ne suffit pas de dire qu’on n’était pas informé, que le touriste ne se mêle pas de politique, qu’il est là pour passer d’agréables vacances. A moins d’être aveugle, tout cela se voit très bien et si on veut bien se donner la peine de discuter avec les gens, tout le reste s’entend aussi. Encore faut il voir la réalité ? Moi-même je me surprends parfois à détourner mon regard parce que la fatigue et ce qui se présente sous mes yeux gênent mon confort personnel et parce que je me sens impuissante devant cette situation monstrueuse qui m’échappe en grande partie. C’est humain. Mais qu’on ne vienne pas me vendre du dôme du rocher et du Mur de lamentations en souvenir. Je ne garderai que la pierre de cette maison arabe démolie et ces kilomètres de Mur absurde dans ma mémoire. C’est ce que, moi, j’ai vu. L’autruche n’a jamais été mon animal préféré.
A voir: Jerusalem, the East side story, 2007 and The Iron Wall, 2006 by Mohamad Alatar